31.07.2009
Tchou ! Tchou !
Retour de vacances (quelques photos, bientôt, peut-être).
Et un silence soudain qui se rompt.
On se sent bien chez soi, après tout !
Et tout de suite, on reprend nos vieilles habitudes. Ecrire. Donner à lire. Attendre.
Bonne lecture, mesdames, messieurs.
Nous vivons là leurs toutes dernières secondes.
Lentes.
Dans un instant les tampons de la locomotive vont heurter le quai dans un souple fracas, et la secousse va aller se répercuter, ondulante, de wagons en wagons. Les essieux déjà grincent, l’acier mord l’acier, mais les roues en gerbes d’étincelles résistent comme elles peuvent. Le monde ainsi se suspend, et retient son souffle, s’arc-boute afin de ralentir, sinon d’arrêter, la marche égoïste du temps. Ce monde qui de ses yeux fixe cette petite chose fragile, avec toute l’affection du jardiner qui regarde un jeune plant malgré ses soins se flétrir.
Cette petite chose fragile sous un dernier rayon de soleil, là, au milieu de la foule…
Ils se sont assis à la terrasse d’un café, évitant la chaleur anesthésiante de l’appartement, fuyant les souvenirs oppressant qu’il contient. Une terrasse oubliée, loin de leur vie, de leurs habitudes. Fraîche et innocente. Etrangère. Des mots se sont envolés, ont navigué quelques instants avec les corbeaux entre les feuilles caressantes des platanes, puis se sont évanouis dans les hautes strates. Et puis…
Et puis le silence…
Un long silence…
Et maintenant, deux regards se fuient. L’un vers le ciel s’envole quand l’autre se perd dans la transparence d’un paquet de cigarette qui s’élève, tourne et choit dans un mouvement de balancier régulier, coincé entre pouce et index. Sur le bord d’une tasse, sur le col d’une cuiller, la mousse du café a séché. En automate, un doigt fin pique un à un les grains de sucre éparpillé tout autour et les dépose sur un bout de langue timide, absent.
Tout a été dit, hurlé, murmuré, pleuré, gémi. Ne reste que ce silence d’une minute qui se veut ponctuation.
Secousse.
Le haut-parleur grésille et libère une voix mécanique. Terminus. Tous les voyageurs doivent descendre et veiller à ne rien laisser derrière eux.
« Alors ça y est ? »
« Je crois, oui… »
Elle se lève et, bringuebalée comme la double page d’un vieux journal sous une rafale d’automne, disparaît au coin d’une ruelle.
Lui reste là, hébété, vide. Allume une cigarette, le regard fixe, vague, collé sur le coin d’une ruelle qui se trouble.
16:45 Publié dans Toutes petites | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle, récit, histoire, écriture, terminus, terrasse, silence, ruelle














