14.08.2009

Ciel ! Mon mari !

Couchée sur le dos, Hélène a l’haleine perdue et le cœur en chamade. Les yeux mi-clos, un sourire alangui vient relever les coins de ses pulpeuses lèvres.

 

Louis pour sa part a les yeux bien ouverts. Fixement tournés vers elle. Dieu qu’elle est belle, ainsi abandonnée, somnolente ! Alors Louis lui sourit, observant cette spectaculaire poitrine se lever en si profondes inspirations qu’à leurs apogées, les côtes asternales viennent affleurer délicatement sous sa peau ambrée. Dans un sursaut de pudeur inutile, elle a tiré sur elle un coin du drap blanc, juste sous le nombril, couvrant l’une de ses jambes et un peu plus, mais laissant s’échapper, volontairement ou non, sa cuisse droite. Superbe spectacle. La coupe en deux un rai flavescent du soleil de midi - échappé d’entre les lourds rideaux – et la traversant ainsi de la hanche à l’épaule d’un formidable éclat, révèle les perles de sueur semées par Eros lui-même sur le plat de son ventre.

 

D’un pouce négligent, elle caresse doucement la paume de son compagnon et continue de sourire, ivre.

 

Submergé, il lui susurre quelques mots d’amour, s’enfouissant à s’y perdre dans l’épaisse chevelure brune, qui en boucle vient lui chatouille les narines. Elle rie. Elle se retourne et lui fait face. Et lui prend les mains pour les serrer si fort, et l’embrasse si lentement. Et enfin le regarde d’une exceptionnelle intensité, verte, lui retournant ainsi toute sa passion.

 

Le temps passe encore un peu, s’étire, et ronronne…

 

Inattendue, sonne un portable au sol, dans la poche d’un pantalon chu. Sans quitter le lit Louis s’étire pour du bout des doigts s’en saisir, dans une position ridicule, une jambe en l’air pour garder l’équilibre dévoilant une partie anatomique qu’il n’est pas convenable d’exposer ainsi. Mais elle n’y fait guère attention car dans le même temps elle s’est tournée vers la fenêtre, n’offrant à son homme que son dos nu.

 

Et soupir, boudeuse.

 

Lui soulève le clapet de l’appareil qui continue à brailler, soudain assourdissant. Et voit le numéro, et d’un geste rapide jette un coup d’œil à la jeune femme retournée et revient sur le téléphone.

 

« Merde… ma femme… »

Commentaires

Petite histoire de la vie ordinaire me direz-vous. Mais, si bien contée. Le portable ! Ne jamais oublier de boucler son portable !! (rire)

Ecrit par : Constance | 14.08.2009

Quel texte ! Bravo ! Vos côtes (enfin pas les vôtres ! ;-) "Les côtes asternales" et "le pantalon chu" ont quelquechose de fascinant. Le vocabulaire zoome sur l'image glissée dans un style où l'amour flambloie (rougeoie ?) passionnément... Et on y croit !
Mais voyez vous, et c'est loin d'être un reproche, on savoure aussi ce moment un chouille déliquescent : à partir de la jambe en l'air, "position ridicule" (et j'en passe), on sent venir, comme l'écho du petit ordinaire de la vie conjugale... Après un numéro d'équilibre si féroce, plus rien... Enfin je veux dire, ce n'est plus possible ;-))

Ecrit par : Frasby | 15.08.2009

Ah les femmes ! Toujours le (sixième) sens du timing ;-)

Ecrit par : Blue Jam | 15.08.2009

Et sa femme lui dit : "c'était comment ? "

Ecrit par : Madame Kévin | 17.08.2009

merci pour le cierge , ça a marché , connexion rétablie, youpi !

J'aime bien cette pudeur , cette idée de se cacher soudain , sans vraie raison , par habitude
Les positions peu gracieuses ,ça me fait sourire , je n'ose pas imaginer
Il parait que le foutu portable est un vrai traitre pour les adultères
jolie nouvelle
Tu es productif ces jours çi ...

Ecrit par : Jeanne | 18.08.2009

Constance : Une preuve de plus, s'il en fallait, que la technologie n'apporte pas que des bonnes choses !!:p

Frasby :"Un chouille déliquescent" est une expression qui n'est pas loin d'être fascinante,elle non plus. Et j'y vois bien là, une fois de plus, votre à-propos !
Horrible ordinaire qui vient toujours fourrer son nez de fouine dans des affaires dont on voudrait bien qu'elles en soient épargnées.(jespère être clair quand je dis ceci, mais le doute s'impose...). Mais c'est ainsi, que voulez-vous...

Blue jam : ce 6ème sens un jour nous perdra tous, je vous le dis ! :p

Madame Kévin : un questionnement bien pertinent... Sur se point d'interrogation que vous proposez, une autre histoire pourrait bien commencer...!

Jeanne : (last but not least !) Content que ma modeste contribution t'ai aidée ! (non pas que je doutais de l'efficacité de ma méthode, mais on ne sait jamais...)
Merci d'apprécier ! Et de ne pas imaginer l'impudeur de la position de monsieur ! :p

Ecrit par : liam | 18.08.2009

C'est on ne peut plus clair ! Le doute s'impose heureusement ! car si le doute vacillait ça deviendrait bien trop acrobatique pour nos natures déjà versatiles... (Par contre je crains à mon tour que cette phrase ne soit pas très claire...) Tant pis pour aujourd'hui, je reviendrai quand il fera moins chaud ;-)
A ce propos, je vous soupçonne très sérieusement, avec vos adultères torrides de faire grimper nos baromètres ;-)
Ah oui, j'oubliais, une petite question :

Quand vous écrivez "c'est ainsi", doit-on lire : "Ecce homo" ?

Ecrit par : Frasby | 19.08.2009

des soupçon ? Ben ça alors ! Moi qui suis si sage, si classique, si carré... Alors cette idée de me soupçonner est pour moi sublime ! Un parfum de petit bourgeois bien élevé qui marche en dehors du passage clouté (triste orphelin aux clous envolés depuis longtemps).

Voilà qui me fait sourire (qu'il est bon de sourire, ne trouvez-vous pas ?) et je vous en remercie donc chaleureusement (enfin pas trop, je ne voudrais pas ajouter à la canicule) !!!:p

Ecrit par : liam | 19.08.2009

Tu n'as pas perdu de ton talent d'écriture à ce que je vois!
Scène très joliment décrite.
Cependant j'espère ne jamais avoir à me retrouver de l'autre côté de ce fameux téléphone.

On banalise l'adultère, j'ai envie de dire tant mieux et tanpis à la fois.

Ecrit par : Mowglie | 20.08.2009

Quelle réactivité ! ;)
D'abord, merci.
Ensuite, évidemment ne souhaite à personne de se retrouver dans ce genre de situation. C'est efficace pour les vaudevilles, mais dans la vraie vie, ça fait beaucoup moins rire....
Enfin, content que tu sois de nouveau "dans le coin" !

Ecrit par : liam | 21.08.2009

contente de pouvoir te lire à nouveau de même ;)

Ecrit par : Mowglie | 21.08.2009

Si le soupçon ne pouvait venir que ce genre de petites choses, la vie serait un conte de fée.
Pour le baromètre vous y êtes allé un petit peu fort ces derniers jours. Maintenant que vous êtes redevenu raisonnable, 25° c'est mieux. Si sage, si classique, si carré (ah bon ?) et que la température semble tout à fait convenable, allez vous nous composer une suite ??? (j'ai hâte de connaître l'épouse ;-)

Ecrit par : Frasby | 22.08.2009

Ciel mon vendredi ! un vendredi sans Liam c'est comme un vendredi sans poisson. Et moi, j'aime le poisson !

Ecrit par : Constance | 22.08.2009

Frasby : certes oui ! Une suite est envisageable, envisagée même ! Peut-être sur l'idée lancée par mme Kevin ci-dessus... On verra, je ne promet rien. L'inspiration est une maîtresse capricieuse (quelqu'un a du dire cela, un jour....)
Bon WE !

Constance : J'en ai pêché un gros, j'espère qu'il n'y aura pas trop d'arrêtes !

Ecrit par : liam | 22.08.2009

Hummm, alors je vais me régaler !

Ecrit par : Constance | 22.08.2009

Faites comme il vous plaira,ça me convient, j'ai tout mon temps, pourvu que vous ne passiez pas à la capricieuse maîtresse, la bague au doigt
(à tous les doigts ? argh, non !jamais ! hein ?)

Ecrit par : Frasby | 25.08.2009

A tous les doigts ? Certainement pas ! Le poids ainsi ajouté risquerais de lui causer nombres de troubles dorsaux, que je ne lui souhaite pas...

Ecrit par : liam | 26.08.2009

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