21.12.2009

Certains jours

Un petit, tout petit clin d'oeil bien modeste...

Certaines décisions se nourrissent de l’urgence qui vous secoue. Elles sont volatiles et pour peu que l’on s’obstine à trop vouloir raisonner elles s’étiolent, s’effilochent comme trottent les aiguilles et rapidement perdent tous les possibles dont elles s’étaient parées. L’impulsivité leur est vitale et sans précipitation elles se meurent, effaçant leurs charmes de votre mémoire.

Celle-ci était de celles-là et dès que ce « pourquoi pas ? » a pointé le bout de son nez j’ai su qu’il ne supporterait aucune réponse, qu’il fallait remplacer l’interrogation par la suspension. Laisser les questions en suspend et partir. Tout de suite.

Prendre l’essentiel. Une brosse à dent, quelques jours d’autonomie vestimentaire, et de quoi fixer les jours à venir, pour ne pas laisser à la mémoire, seule, le soin du souvenir. Un appareil photo, mon carnet et son stylo car les images parfois suffisent, d’autres fois se sont les mots mais la plupart du temps, les deux sont nécessaire pour coller au plus près de la réalité passée.

J’ai sauté dans un métro, ai plongé mes yeux dans un roman, mes oreilles dans une symphonie. Deux murailles aux murs épais me protégeant des armées d’arguties qui s’étaient lancés à l’assaut de ma conviction dès la porte de mon appartement franchie. Les pierres n’ont pas même tremblé. Pas encore.

Un RER plus tard, j’étais dans le vaste hall de l’aéroport.

J’étais un peu déboussolé, je l’avoue. Perdu dans la foule qui toujours me mets mal-à-l’aise, m’oppresse de ses murmures, de ses rires qui se chevauchent et s’entremêlent sans vergogne, indécents. Perdu au milieu des terminaux, des panneaux d’affichages, des publicités, des flèches à droite, à gauche, tout droit (jamais vers l’arrière). Perdu, enfin, dans les jours à venir.

Il m’a fallu faire passer le pragmatisme avant la panique. Faire les choses dans l’ordre. D’abord chercher le prochain vol. Un avion à 14h15, terminal C, porte 9. Parfait, j’avais deux heures pour trouver le terminal et sa porte. Je prendrais le billet quand… si jamais…

Il restait une heure alors que je m’asseyais en face des salles d’embarquement. Nulle faille encore dans mes certitudes. Elle serait là. Il ne pouvait en être autrement. On se reconnaîtrait. Évidement. On se sourirait. Timidement. Et on embarquerait porte 9, direction la Hongrie et ses voluptueuses pâtisseries, son Danube impassible.

L’horloge mécanique déroulait ses chiffres digitaux de ses petits clac comme autant de coups de béliers qui faisaient sursauter les gonds dans ma raison retranchée.

Des centaines de personnes sont passées devant moi, sans visage. J’ai changé de terminal une dizaine de fois. Trois jours sont passés. Et ma muraille n’était plus qu’une vaste dune alors que le vent du doute se mettait à souffler, puissant. Les grains se sont envolés, un par un, au loin. Jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Et quand ce dernier s’est envolé, je suis rentré chez moi, penaud.

J’ai allumé mon ordinateur. Fait trois clic. Et j’ai oublié ces trois jours en rattrapant le fil de ses écrits, qui valent bien toutes la pâtisseries de Hongrie.

18.12.2009

Ambre

La bouteille de whisky, amoindrie d’une ultime rasade, gît de sa gueule béante sur le plancher. L’ambre en son coeur encore palpite.

Quand la nuit, stricte et sans surprise, s’est installée dans la plaine, il n’a pas même pris la peine d’ouvrir une de ces vieilles boîtes de conserve qui font ployer l’étagère – une planche au dessus de l’évier, maintenue par deux équerres fatiguées de leur vie d’Atlas. Non, ce soir il s’est contenté d’attraper la bouteille qui patientait, sereine, au pied de son matelas. Et de dégager d’un coup de dents hargneux le liège qu’il a craché dans un buisson, avant de s’asseoir sur ces trois marches branlantes qui forment l’entrée de son repère, le goulot de sa maîtresse serré dans sa grosse pogne.

Soupir.

La sueur fait briller sa peau - pourtant terreuse après une journée passée dehors, sur des pistes sans ombres qui ne mènent nulle part - et s’amoncelle en gouttelettes à l’abrasive base de son cou, traverse aux aisselles les fibres de sa chemise en d’ignobles auréoles grises et luisante, comme l’huile des frites le ferait sur un cornet de papier. L’étoffe de son pantalon, trop épaisse pour la saison, se colle à ses cuisses. Parfois – le rythme de ces parfois échappe aux nombreux observateurs nocturnes, hululant non loin du haut d’un vieux séquoia - il tire sur les jambes de ce pantalon sale pour le redescendre un peu. Alors il happe une nouvelle goulée d’ambre, laissant apparaître une dentition décimée au fil des ans par une nourriture trop peu variée, voir insuffisante.

Il reste là un bon moment, sur ces marches de bois grisées par le soleil. Une heure, deux heures. Plus encore, peut-être. Les vapeurs spiritueuses effacent le passage du temps comme la neige qui tombe estompe les traces du promeneur égaré.

Pensif, son regard se perd entre les étoiles et la ligne des crêtes sombres, imposantes. Il leur parlait, avant, à ces crêtes. Ca trompait l’isolement pour quelques heures avant qu’il ne reprenne corps et n’étouffe à nouveau la gaîté fragile du bonhomme. Mais après toutes ces années, il n’a plus rien à leur dire. A part peut-être quelques insultes à vous faire rougir un marin quand d’ivresse il s’enhardit. Quelques insultes ponctuées de dédaigneux crachats.

Mais ce soir, rien.

Il renifle et se lève, laissant l’ambre remuer sans lui.


Sort de la lumière tremblante d’une ampoule qui pend, impuissante, au bout de son fil et surplombe le perron d’un halo jauni.


S’enfonce parmi les ombres.

14.08.2009

Ciel ! Mon mari !

Couchée sur le dos, Hélène a l’haleine perdue et le cœur en chamade. Les yeux mi-clos, un sourire alangui vient relever les coins de ses pulpeuses lèvres.

 

Louis pour sa part a les yeux bien ouverts. Fixement tournés vers elle. Dieu qu’elle est belle, ainsi abandonnée, somnolente ! Alors Louis lui sourit, observant cette spectaculaire poitrine se lever en si profondes inspirations qu’à leurs apogées, les côtes asternales viennent affleurer délicatement sous sa peau ambrée. Dans un sursaut de pudeur inutile, elle a tiré sur elle un coin du drap blanc, juste sous le nombril, couvrant l’une de ses jambes et un peu plus, mais laissant s’échapper, volontairement ou non, sa cuisse droite. Superbe spectacle. La coupe en deux un rai flavescent du soleil de midi - échappé d’entre les lourds rideaux – et la traversant ainsi de la hanche à l’épaule d’un formidable éclat, révèle les perles de sueur semées par Eros lui-même sur le plat de son ventre.

 

D’un pouce négligent, elle caresse doucement la paume de son compagnon et continue de sourire, ivre.

 

Submergé, il lui susurre quelques mots d’amour, s’enfouissant à s’y perdre dans l’épaisse chevelure brune, qui en boucle vient lui chatouille les narines. Elle rie. Elle se retourne et lui fait face. Et lui prend les mains pour les serrer si fort, et l’embrasse si lentement. Et enfin le regarde d’une exceptionnelle intensité, verte, lui retournant ainsi toute sa passion.

 

Le temps passe encore un peu, s’étire, et ronronne…

 

Inattendue, sonne un portable au sol, dans la poche d’un pantalon chu. Sans quitter le lit Louis s’étire pour du bout des doigts s’en saisir, dans une position ridicule, une jambe en l’air pour garder l’équilibre dévoilant une partie anatomique qu’il n’est pas convenable d’exposer ainsi. Mais elle n’y fait guère attention car dans le même temps elle s’est tournée vers la fenêtre, n’offrant à son homme que son dos nu.

 

Et soupir, boudeuse.

 

Lui soulève le clapet de l’appareil qui continue à brailler, soudain assourdissant. Et voit le numéro, et d’un geste rapide jette un coup d’œil à la jeune femme retournée et revient sur le téléphone.

 

« Merde… ma femme… »

31.07.2009

Tchou ! Tchou !

Retour de vacances (quelques photos, bientôt, peut-être).

Et un silence soudain qui se rompt.

On se sent bien chez soi, après tout !

Et tout de suite, on reprend nos vieilles habitudes. Ecrire. Donner à lire. Attendre.

Bonne lecture, mesdames, messieurs.

Nous vivons là leurs toutes dernières secondes.

Lentes.

 

Dans un instant les tampons de la locomotive vont heurter le quai dans un souple fracas, et la secousse va aller se répercuter, ondulante, de wagons en wagons. Les essieux déjà grincent, l’acier mord l’acier, mais les roues en gerbes d’étincelles résistent comme elles peuvent. Le monde ainsi se suspend, et retient son souffle, s’arc-boute afin de ralentir, sinon d’arrêter, la marche égoïste du temps. Ce monde qui de ses yeux fixe cette petite chose fragile, avec toute l’affection du jardiner qui regarde un jeune plant malgré ses soins se flétrir.

 

Cette petite chose fragile sous un dernier rayon de soleil, là, au milieu de la foule…

 

Ils se sont assis à la terrasse d’un café, évitant la chaleur anesthésiante de l’appartement, fuyant les souvenirs oppressant qu’il contient. Une terrasse oubliée, loin de leur vie, de leurs habitudes. Fraîche et innocente. Etrangère. Des mots se sont envolés, ont navigué quelques instants avec les corbeaux entre les feuilles caressantes des platanes, puis se sont évanouis dans les hautes strates. Et puis…

 

Et puis le silence…

Un long silence…

 

Et maintenant, deux regards se fuient. L’un vers le ciel s’envole quand l’autre se perd dans la transparence d’un paquet de cigarette qui s’élève, tourne et choit dans un mouvement de balancier régulier, coincé entre pouce et index. Sur le bord d’une tasse, sur le col d’une cuiller, la mousse du café a séché. En automate, un doigt fin pique un à un les grains de sucre éparpillé tout autour et les dépose sur un bout de langue timide, absent.

 

Tout a été dit, hurlé, murmuré, pleuré, gémi. Ne reste que ce silence d’une minute qui se veut ponctuation.

 

Secousse.

Le haut-parleur grésille et libère une voix mécanique. Terminus. Tous les voyageurs doivent descendre et veiller à ne rien laisser derrière eux.

 

« Alors ça y est ? »

« Je crois, oui… »

 

Elle se lève et, bringuebalée comme la double page d’un vieux journal sous une rafale d’automne, disparaît au coin d’une ruelle.

 

Lui reste là, hébété, vide. Allume une cigarette, le regard fixe, vague, collé sur le coin d’une ruelle qui se trouble.

16.06.2009

Reste, parce que...

Je l’ai trouvée telle. Frêle et presque fragile. Seule. Déterminée. Evidente.

 

D’aucuns auraient esquissé un oblique sourire, d’arrogance copieusement arrosé, face à la vacuité de sa rébellion de petite chose inutile. Pour qui se prendrait-elle, celle-là, à offrir ainsi aux nues sa pubescente encolure ?

 

Quand aux autres, ces autres qui avancent yeux mi-clos, mornes borgnes, ces autres-là seraient passés. Et puis rien. Sans suite.

 

Savent-ils seulement combien, avant elle, ont payé si chèrement leur droit d’être. La chose paraît pourtant aisée aux ignorants, faite d’insensés « il suffit de… ». Oui, pour certains. Mais quand ceux-là vivent comme on respire, tant d’autres doivent à chaque chute d’un grain de sable s’arracher au néant, nourris de l’énergie d’un fol espoir.

 

Elle est de cette race-là. Celle des pionnières, des exploratrices intrépides qui bravent les interdictions, les « ça ne se fait pas », et méprisent les impossibles. Et se bat pour celles tombées, qui portées par le vent se sont effondrées sur des terres stériles.

 

Assise au beau milieu du macadam, au creux d’une fissure, une pâquerette s’est installée et mon attention a attirée, étalant ses pétales sous quelques rayons affables. Et ploie à chaque passage d’imperturbables autos. Aussitôt se redresse.

 

Belle, digne.

 

15.05.2009

Là.

Être là, non ailleurs.

 

Là, sur cette terrasse de bois qui de ses échasses couvertes de mollusques et d’algues vertes enjambe la plage. Et, immobile, avance vers le large alors que l’océan cède à la lune. Irrésistible. Là, entre soleil et vent d’ouest. Lunettes noires et pull sur les épaules. Le thé à la bergamote, encore brûlant dans sa tasse exhale de fines vapeurs qui tentent avec bravoure une évasion vers l’est, et se fondent dans la brise. Evanescentes.

 

Fermer un instant les yeux et saisir le chuchotement confident des vagues qui viennent lécher les pieds de la petite battisse de bois, entrecoupé du cri de quelques mouettes. Pas de ces cris hystérique, avide, que l’on entend sur le port, les bateaux revenants, mais de ceux que l’on pousse adolescents, courant dans les champs du crépuscule, ivres d’un premier baiser.

 

Se laisser hypnotiser par l’écume jaillissant d’entre les rochers de granit. Patient, résignés et sereins, comme à leur habitude. Et avoir le temps de regarder sombrer le soleil une fois de plus. Un phare au loin pulse.

 

Être là, cerné par l’immuable et se surprendre à espérer.

 

Ta main, douce, contre la mienne.

24.04.2009

Une histoire de plics et de plocs

 

Tout s’est passé si vite.

Nous étions trois amis dans ce bar, occupés à descendre quelques mousses. Je ne me souviens pas des sujets que nous avions abordés ce soir-là, mais les conversations devaient rôder autour des jeunes femmes de notre entour, à coup sûr.

Une heure passait. Elles entraient. Deux camarades de notre TD de physique. J’aurais dû dire elle entrait, car de mes souvenirs l’autre s’est effacée à son profit. Nous étions assis dans un recoin de la salle, invisible depuis l'entrée, et elles ne nous ont pas vu. Du moins ont-elles agi comme tel.

Je la connaissais de vue, bien sûr, puisque nous partagions les bancs d’une même école, et l’avait dès le premier regard trouvé d’une beauté à palpitations. Mais ce soir – était-ce l'éclairage chaleureux de la salle qui changeait les ombres de son visage, qui lui donnait cette chaleur particulière au teint, ou bien la légère ivresse qui déjà m’enveloppait de sa ouate? – elle était tout bonnement fracassante. Du genre à distorde l’espace-temps d’un battement de cil, du genre Aphrodite qui descend sur terre pour se distraire, s’extraire le temps d’une vie de l’ennuyeuse éternité, s'amusant cruellement du trouble semé sur son passage dans le cœur des hommes, dévastés.

Converses, jean, col roulé beige. La simplicité avérée de sa tenu ne ternissait en rien son éclat, bien au contraire elle mettait en exergue la grâce naturelle de ses traits, que nul artifice ne venait perturber, parasiter. Ses cheveux étaient élégamment remontés en une sorte de chignon improvisé qui tenait d’une baguette de bois sombre, dégageant un cou à faire tourner de l'œil le plus expérimenté des vampires. Chignon qui laissait échapper de chaque côté une mèche à la couleur hésitante comme celle d'un champs de blé pas tout à fait mûr sous l'effet de la brise, quelque part entre le blond cuivré et le châtain foncé, encadrant négligemment son visage jusqu’à la naissance de son fin menton.

Les secondes fuyaient comme d’un vieux robinet à coups de plics et de plocs, fraîches, aqueuses.

Absent, absorbé, je ne participais plus à nos conversations qui se perdaient dans le brouhaha ambiant. Je ne pouvais la quitter des yeux, envoûté, au point que le décor me semblait être d’aquarelle : vague, pastel, dilué. Mes camarades, enivrés, ne remarquèrent rien, me laissant tout le loisir d’observer la muse de mon attendrissement. On apprend tellement des attitudes, des regards, des expressions de personnes qui ne se savent pas observées. Toutes ces petites choses qui ne paraissent rien mais qui sont autant de portes entrouvertes, de petites trahisons d'une personnalité que le goût naturel de la normalité essaie tant bien que mal de camoufler.

Ses yeux étaient immenses et exprimaient avec une certaine facilité toute la palette des émotions féminines, allant de ces regards concentrés, fixes et intenses des portraits hollandais du 17ème avec ces visages aux proportions idéales grecques, ni tout à fait ronds, ni tout à fait fins, jusqu’au expressions typiques des mangas japonais, rires francs et yeux étrangement humide et profonds. Je les ai croisés une fois, alors que sa camarade s’absentait et qu’elle faisait enfin du regard le tour de la salle, pour patienter. Elle qui semblait totalement absente, presque mélancolique, elle s’éclaira le temps d’une seconde alors qu'elle m'apercevait et me transperça d’un sourire éclatant, souligné d'une fossette létale. Je feignis la surprise, gauche, et de la tête lui répondis d'un petit signe qui se voulait charmant.


Tout s’est passé si vite.

Je réglai notre note au comptoir et me retournai. Elle était là, élancée, un mètre derrière moi à peine et me souriait toujours. Je suppliais mes jambes de ne pas flancher et de me porter jusqu’à elle, ce qu’elles consentirent à faire, bien que légèrement tremblantes et vaporeuses. Je la bisais, faussement décontracté, crispé dans ma nonchalance improvisée. Elle mit sans y penser sa main sur mon épaule pour me glisser à l’oreille quelques mots de turquoise et s’écarta légèrement en me regardant droit dans les yeux, dans l'expectative. Battement de cil. Distorsion.

Une seconde prenait ses aises. Impression étrange que celle d’un présent qui dure.

Tout s’est passé si vite...


Elle me prenait de court avec ses quelques mots dits, des mots qui aujourd’hui encore, bien des années plus tard, résonnent encore. Sur le moment, je n’ai su quoi répondre, hébété. Mes deux camarades, impatients, s’invitèrent de leurs rire gras, alcoolisés, et avant que je n’aie pu réagir il m’emportèrent avec eux, ne me laissant que lui lancer un regard désolé. Le lendemain, le charme était rompu, la chance était passée. Nous n’avons plus eu ce genre d’occasion, nos cercles se croisant rarement, et dans des circonstances peu propices.

Parfois, dans ces moments de solitude et de nostalgie que nous connaissons tous, je repense à ces quelques secondes de grâce stérile et j’imagine toute sorte de reparties que j'eus pu avoir, et les suites possibles de chacune, comme si cette soirée avait pu être un des plus grands carrefours de ma vie.


J'imagine que c'est un peu idiot...